Ares (Dis)Arms Africa

Accueil > Le Coin du MJ > Scénarii > Ares (Dis)Arms Africa (par Blade, mog)

Voici un scénario se déroulant à Zouerate en Mauritanie. Il est prévu pour être joué simultanément à un autre scénario (à venir peut-être sur le Cyber-espace) dans le cadre d’un multitable mais rien ne vous empêche de jouer seulement celui-ci, désigné comme étant celui de la "Table 1".

Synopsis

La ville de Zouerate est dominée par Ares. La mégacorporation offre aux habitants une protection face aux seigneurs de guerre en échange de l’exploitation des mines de fer de la région. C’est Ares qui a mis au pouvoir le Bey, que la population aime et respecte. Ces dernières années, il a laissé la mégacorporation agir à sa guise tandis que lui gérait ses affaires de son côté.

Mais ces derniers temps, la situation a changé : le Bey se montre de plus en plus distant de la mégacorporation. La raison de cet éloignement n’est pas connu mais Ares craint le pire. De plus, les seigneurs de guerre se montrent beaucoup moins agressifs que par le passé et certains habitants commencent à considérer superflue la protection fournie par Ares.

Face à cette situation, le directeur local de la mégacorporation a tenté de lancer une enquête mais celle-ci n’a rien trouvé : les agents d’Ares, beaucoup trop reconnaissables, ne parviennent pas à infiltrer les milieux concernés. C’est pourquoi le directeur a choisi de recourir à des mercenaires pour s’en occuper.

Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il n’est pas le seul a avoir agi. De son côté, le directeur des opérations minières a senti que le soutien populaire s’effrite de jour en jour. Il a donc décidé de rappeler à la population, et au Bey, la chance qu’ils ont de vivre en sécurité et le risque qu’il courent si la mégacorporation les abandonne. Il a donc fait venir une équipe de mercenaires dans le but de harceler les seigneurs de guerre et de raviver la violence dans la région.

Ce que ni l’un ni l’autre ne savent, c’est que le Bey est en fait en train de négocier avec les Seigneurs de guerre pour obtenir leur protection, et donc pouvoir se passer de celle d’Ares. L’agression des seigneurs de guerre va donc être directement vue et révélée comme l’œuvre d’Ares, entrainant une révolte de la population. Face au risque de voir d’autres population suivre l’exemple de Zouerate, la mégacorporation va alors décider d’affirmer sa domination par une démonstration de force et va ordonner la destruction de la ville par des tirs orbitaux.

Table 1 : Enquête à Zouerate

Rendez-vous avec Johnson
Les PJs se retrouvent à Zouerate, que ce soit parce qu’ils travaillaient déjà là-bas, qu’ils sont des mercenaires de passage ou qu’ils ont été envoyés là-bas spécifiquement pour le boulot.

Dans tous les cas, ils rencontrent Mr. Johnson dans un club du quartier des plaisirs : "Le Radeau de la Méduse" (ce célèbre radeau s’est en effet échoué sur les côtes Mauritaniennes). Le rendez-vous est fixé assez tard, alors que le club est plein et bruyant. La rencontre se fait dans une alcôve où la table propose des prises jacks permettant de relier directement chaque membre dans une conversation privée. Le club est aussi indépendant que peut l’être un club à Zouerate : il appartient à un ami du Bey et doit la plupart de ses rentrées au personnel d’Ares.

Mr. Johnson est le même que partout dans le monde : costard, verres miroir, visage banal... C’est un agent habitué à traiter avec des mercenaires dans la région, et pas que pour Ares. Il expose simplement les termes de la mission :

"Mon employeur, un cadre d’Ares, vous a fait venir ici parce qu’il s’inquiète de la situation actuelle : les seigneurs de guerre sont bien trop calmes, et le Bey pourrait bien cacher des choses à Ares. Il est difficile pour Ares d’enquêter dans certains milieux : ses agents sont connus ou reconnaissables. C’est pourquoi mon employeur a décidé de faire appel à vous. Votre mission sera de déterminer ce qui se passe en ce moment à Zouerate et de m’en informer. Bien entendu, personne ne doit savoir, ni même suspecter, quel est votre employeur. Mon employeur espère obtenir des résultats d’ici une semaine."

Je vous laisse juger de la paye que vous considérez adaptée pour votre table, sachant qu’Ares Arms Africa peut être disposée à payer en nature (armes et cyberware notamment).

L’enquête
Vos PJs ont de nombreuses pistes qu’ils peuvent exploiter :
- La Matrice : la Matrice est moins utilisée à Zouerate qu’aux UCAS. La raison n’est pas technique : la Matrice sans fil est bien présente et beaucoup peuvent s’offrir un commlink bas de gamme, mais culturelle. En effet, il est habituel de retenir l’information de tête plutôt que de la noter et les affaires sont plus facilement réglées en tête à tête plutôt que virtuellement. Ça n’empêchera pas un hacker de trouver des informations sur un commlink ou en espionnant des communications réseau, mais les chances sont beaucoup plus faibles que dans une run aux UCAS.

- Le Front de Libération : les PJs pourront assez vite découvrir qu’il s’agit d’un mouvement assez peu influent et qui, en tout cas, ne peut pas être à l’origine de la situation actuelle. Cependant, ils peuvent suggérer aux PJs l’idée que les Seigneurs de Guerre sont de mèche avec le Bey. Ils n’ont pas de preuve et cherchent tellement à salir la réputation du Bey qu’ils ne seront pas forcément très convaincants. Ils peuvent toutefois proposer aux PJs des moyens de trouver des preuves, comme notamment de surveiller le passage au palais ou chez quelques amis proches du Bey.

- Le Cheikh Reza : Le Cheikh Reza préfère rester neutre dans cette histoire. Il n’est au courant de rien et ne préfère pas lancer de fausses accusations contre le Bey de peur de ruiner sa réputation.

- Les fixers et autres intermédiaires locaux : certains sont au courant des tractations du Bey avec les seigneurs de guerre, d’autres ne le savent pas mais ont mené des échanges qui, mis bout à bout avec d’autres, permettent de former une image assez claire. Cependant, tous sont à la botte du Bey et tous feront leur possible pour le protéger.

- Le Bey : s’ils surveillent les allées et venues au palais, les PJs pourront peut-être voir un émissaire d’un Seigneur de Guerre venu négocier avec le Bey pour de l’essence, de l’eau, des vivres ou d’autres commodités. Cependant, l’émissaire ne sera pas identifiable tel quel et il faudra le suivre pour remonter la piste jusqu’au Seigneur de Guerre. Autre solution, si les PJs sont particulièrement doués ils pourront obtenir la confiance du Bey qui leur révèlera son plan. Le Bey est assez résistant à toute tentative de manipulation mentale magique et est accompagné en permanence d’un esprit (un djinn) pour le protéger des menaces magiques.

- Les Seigneurs de Guerre : les seigneurs de guerre ne révèleront jamais qu’ils sont en négociation avec le Bey, mais les PJs peuvent découvrir qu’ils ont, par exemple, du matériel qu’ils pourront tracer jusque Zouerate et un ami du Bey.

Mais l’enquête ne sera pas si simple puisque les PJs pourront rencontrer quelques obstacles :

- Le Bey surveille sa ville de très près et les runners risquent de rapidement attirer son attention, tout simplement suite à leur arrivée en ville. Il enverra sa police secrète surveiller les PJs et pourra décider de les inviter au palais afin de pouvoir les rencontrer personnellement et de discuter avec eux. La discussion sera polie et courtoise (si les runners le sont, dans le cas contraire ils seront expulsés rapidement par les gardes du corps du Bey). De manière générale, la police secrète surveillera les actions des PJs et, si ces derniers en découvrent trop, elle se débrouillera pour s’en occuper, par exemple en organisant un coup monté pour les accuser de meurtre.

- Des riches étrangers en ville sont des proies faciles pour des arnaques en tout genre, à plus forte raison s’ils enquêtent sur quelque chose. Les PJs pourront donc être envoyés sur des fausses pistes par des personnes espérant en tirer profit d’une manière ou d’une autre.

Si vous jouez dans le cadre du multitable, il est conseillé de s’arranger pour que l’appel final des runners au Johnson suite à la résolution de l’affaire se fasse peu après le retour en ville des mercenaires et l’approche des seigneurs de guerre. Pour la suite, reportez-vous à la partie "Conclusion".

Conclusion : Zouerate sous les bombes

A la fin des parties présentées précédemment, les Seigneurs de guerre approchent de la ville. La rumeur se répand comme une trainée de poudre et le population prend peur. C’est alors que le Bey de Zouerate prend la parole publiquement, relayé par les postes de télévision, les radios et le bouche à oreille :

"Mes très chers amis, que la bénédiction du prophète soit sur vous. L’heure est grave. Comme vous le savez peut-être déjà, les seigneurs de guerre des environs approchent de notre joyau du désert. Mais ce n’est pas après vous qu’ils en ont. Ils en ont après ces étrangers hypocrites qui ont cherché à les dresser contre nous. Oui, mes amis, Ares nous a menti. Depuis quelques mois déjà, j’œuvre à établir la paix et même la coopération avec nos frères du désert. Et j’ai réussi, grâce soit rendue à Allah. Mais Ares, ce même Ares qui prétend nous protéger des seigneurs de guerre, a cherché à semer le trouble et la zizanie dans le but évident de renforcer notre dépendance. Mais leur pathétique entreprise s’est retournée contre eux : nos frères du désert, que le prophète les protège eux et leurs descendants, nous savent innocent de ce qui leur est arrivé et ils ne viennent pas nous combattre mais nous assister contre le traître. Avec eux nous vaincrons, inch’Allah !"

A cette nouvelle, la population se dirige vers le complexe corporatiste, certains pour une manifestation pacifique, d’autres pour une action plus musclée. Les employés corporatistes étrangers sont pris à parti par les foules hostiles, qu’ils soient d’Ares ou non. Les habitants se massent autour des grillages et murs d’enceinte de l’enclave extra-territoriale. Ceux qui tentent d’y pénétrer ou de s’en prendre aux gardes de sécurité ou aux équipements corporatistes sont rapidement abattus par les drones de surveillance et les tourelles. Les seigneurs de guerre se rapprochent.

Pendant ce temps les dirigeants d’Ares Arms Africa organisent une réunion de crise. Une heure après le début des émeutes ils prennent une décision radicale : il est beaucoup trop dangereux de laisser ces émeutes durer, elles pourraient s’étendre à d’autres villes dans la même situation. Il est nécessaire de réaffirmer la puissance d’Ares, de montrer qu’on ne se révolte pas contre la mégacorporation. Il faut une démonstration de force, ce sera la destruction de Zouerate par un bombardement orbital.

Si les runners tentent de contacter Ares ou leur Johnson pour leur proposer du soutien dans la situation, on leur demande tout d’abord d’attendre qu’une décision soit prise. Une fois la décision prise, on leur dit que leur participation n’est pas nécessaire.

Le premier tir tombe sur le palais du Bey, qui est instantanément réduit en un tas de ruines fumantes dans un cratère. Puis, quelques minutes plus tard, c’est un autre quartier de la ville qui est détruit, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, si ce n’est les installations utiles à Ares comme les mines, la voie de chemin de fer et le train.

La population panique dès le premier tir. Certains tentent de rentrer dans le complexe et sont abattus par les tourelles. D’autres tentent de fuir par la route ou par le train. Certains essayent de récupérer des personnes ou des biens dans les quartiers encore debout. Quelques-uns se dirigent vers la mine, en se doutant qu’Ares ne tirera pas dessus mais ils sont accueillis par des troupes d’Ares déployées là-bas pour sécuriser le périmètre.

Vos PJs sont libres de faire ce qu’ils veulent pour rester en vie. Mr. Johnson ne bougera pas le petit doigt pour les aider, mais d’éventuels bons contacts locaux chez Ares peuvent fournir un coup de main.

Pour éviter le "un caillou tombe, vous êtes tous morts" vous pouvez soit considérer que les PJs ne sont pas dans les quartiers touchés (à moins de clairement chercher à mourir en perdant du temps en ville) soit faire une liste des quartiers et leur ordre de destruction (ou laisser le dé décider de l’ordre), ce qui permettra de stresser les joueurs sans les condamner pour autant (et dans le pire des cas, il reste la Chance).




Téléchargez ce scénario (format .rtf, 69 ko) :

RTF - 69 ko
Ares (Dis)Arms Africa
Enregistrer au format PDF